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Viens mon petit, ...

 Viens mon petit , viens près de moi pour que s'achève

Ce morne jour bourré de tristesse et d'effroi

Donne ta main , je l'ai , je la serre en mes doigts

Vois ... la flamme s'endort sur le bord de ton rêve

 

Vois dans tes yeux surgir ce clair de lune bleu

Qui glisse à pas furtif le long de ta prunelle

Et dépose un baiser sur ton(?)rebelle

Crois moi , va ! l'on n'est pas tous les jours malheureux

 

Tu pleures mon petit , viens que je te révèle

Des mots mystérieux aux sublimes clartés

Jardiniers du destin de notre éternité

Plus couleront nos pleurs , plus nos fleurs seront belles

 

Des ombres surgiront devant tes yeux farouches

Et des cauchemars fous peupleront ton sommeil

Songe qu'il reste encore des étoiles au ciel

Pour mettre un beau matin un sourire en ta bouche

 

Tu gémis ? ne crois pas que la douleur demeure

Ne crois pas que la nuit n'appelle pas le jour

Et que le grain qui meurt sera mort sans retour

Ni que l'heure qui fuit n'attire pas l'autre heure

 

Tout est faux dans l'ardeur d'une âme à se détruire

A force de bercer la souffrance en son coeur .

Laisse ton mal : la vie est plus qu'une douleur ,

Une cité d'amour que nous devons construire .

 

Prends ton bâton et pars , et charge ta besace

Nous sommes des ouvriers au labeur acharné .

Quel temps perdu devant nos rêves écroulés ,

Enchantement d'un jour , qu'un lendemain efface !

 

La nuit vient ! les effrois sortent de leur pénombre

Et s'accrochent au coeur du passant attardé .

Reste là .., près de moi ..,ferme ta porte à clef

Car quelque mauvais loup rode ce soir dans l'ombre

 

Et hurle au pauvre gueux , perdu dans sa prière ,

Qui cherche un toît et tend la main , pour mendier

Un peu d'amour , une lumière en un foyer

Pour éclairer son coeur tout transi de misère

 

Tes pieds sont las !.. viens les chauffer près de la flamme

Conjureuse des sorts qui rampent dans la nuit

Ecoute !.. c'est la paix dehors , plus aucun bruit

Ne traverse le soir pour apeurer ton âme .

 

Viens mon petit !.. viens près de moi , vite , dormons

Quel nid sera meilleur pour toi que cet asile

Quel chant sera plus beau pour ton coeur indocile

Que le bercement doux de ta vieille maison .